Est-ce que l’école tue l’envie d’apprendre?

Nos élèves sont-ils motivés? Si la réponse est non, nous avons un gros problème! Si la réponse est oui, ne nous réjouissons pas trop vite parce que plusieurs de nos élèves le sont, mais de manière extrinsèque. Serions-nous en train de tuer l’envie d’apprendre de nos jeunes?

 

DES CHIFFRES INQUIÉTANTS

Certaines études québécoises démontrent que, dès la 3e année du primaire, l’intérêt pour l’école ainsi que celui relié à la lecture et à l’écriture ont déjà amorcé leur chute libre chez nos jeunes, particulièrement du côté des garçons. Au secondaire, la FEEP (Fédération des établissements d’enseignement privés) a réalisé une vaste enquête en 2009-2010 auprès de 44 000 élèves. On y apprend, entre autres, que 50% des élèves de 1re secondaire et seulement 25% des élèves de 5e secondaire disaient fournir un maximum d’efforts à l’école. Des statistiques qui donnent froid dans le dos! Lorsqu’il est question de motivation, nous spécifions rarement à laquelle nous faisons référence: l’extrinsèque ou l’intrinsèque.

 

LA MOTIVATION EXTRINSÈQUE 

La motivation extrinsèque pousse un élève à s’engager dans une activité en raison d’éléments extérieurs à celle-ci. Cette forme de motivation crée un état d’obéissance temporaire et génère malheureusement des effets néfastes à long terme. Elle est souvent associée à la «carotte» et le «bâton».

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Dans son ouvrage Punished by rewards, Alfie Kohn mentionne que bon nombre d’enseignants ont délaissé les punitions pour se centrer sur le côté positif des récompenses. L’auteur avance que les récompenses ont le même effet négatif à long terme que les punitions. «Fais ceci et tu auras cela!» serait donc aussi dommageable que «Ne fais pas ceci sinon tu auras cela!» Pour Kohn, ce sont deux façons de manipuler nos élèves qui détruisent à petit feu leur envie d’apprendre. Il nous pose la question suivante: «Est-ce que les récompenses motivent les humains?» Sa réponse est: «Absolument, cela les motive à obtenir des récompenses!» Ceci étant dit, que ce soit par la promesse d’une récompense ou la menace d’une punition, la motivation extrinsèque occupe assurément une trop grande place dans nos écoles. Pensons seulement à tout le stress engendré par la «gestion de classe»!

 

LA MOTIVATION INTRINSÈQUE

La motivation intrinsèque, quant à elle, amène un élève à réaliser une activité parce qu’il a tout simplement envie de la faire. À tort, plusieurs croient qu’un élève est motivé intrinsèquement lorsque celui-ci est engagé dans une tâche à cause de motifs provenant de lui-même (désir de se surpasser, atteinte d’un but ultérieur…). Le terme intrinsèque n’est pas un synonyme d’interne ou de personnel. Il réfère uniquement à l’activité. Sans cette forme de motivation, nos élèves travaillent donc sur le pilote automatique en ne donnant clairement pas le meilleur d’eux-mêmes. Bien que la plupart d’entre eux «réussissent», comment se porte vraiment leur plaisir à lire, à écrire et à résoudre des problèmes?

Certains se disent peut-être : «Bon, c’est bien beau la motivation intrinsèque, mais dans la réalité, mes élèves ne peuvent pas être motivés intrinsèquement chaque minute de la journée!» Je suis tout à fait d’accord avec cette affirmation. Par contre, si nos élèves ne peuvent pas l’être constamment, pourraient-ils l’être un peu plus chaque jour?

 

DES SOLUTIONS

Des spécialistes nous suggèrent parfois des trucs ou stratégies pour agir sur la motivation scolaire. Ce sont trop souvent des raccourcis qui peuvent avoir un effet sur la motivation extrinsèque. Étant donné que la motivation intrinsèque est directement reliée à la tâche, nous ne pouvons nous enfouir la tête dans le sable et fuir cette réalité. Si nous désirons que nos élèves soient davantage motivés intrinsèquement, nous devons absolument nous questionner sur le «potentiel d’engagement» des tâches, problèmes et activités que nous soumettons à nos élèves. Ensuite, un certain ménage devrait être effectué en supprimant, en modifiant et en ajoutant des activités. Bref, pour favoriser la motivation intrinsèque de nos élèves, nous devons leur proposer un plus grand nombre d’activités engageantes!

J’ai décidé de mettre sous les projecteurs ce sujet important, d’une part, en écrivant cet article et, d’autre part, en créant une formation. Durant celle-ci, je vous amène à réfléchir à votre impact sur la motivation intrinsèque de vos élèves et je vous présente évidemment des pistes concrètes pour rendre vos activités plus engageantes. 

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique et fondateur de Riviera Éducation

2 mars 2021 

Crédit image : «Book» oeuvre du peintre Paweł Kuczyński

Un cahier d’exercices de grammaire, en as-tu vraiment besoin?

«Quel cahier d’exercices de grammaire me recommandes-tu?» Cette question tout à fait légitime m’est souvent posée par des enseignants. Elle a sans doute même déjà traversé votre esprit. Cette interrogation fait ressortir, d’une part, l’importance de se munir de matériel pédagogique adéquat et, d’autre part, du recours nécessaire à des exercices pour amener les élèves à devenir des scripteurs plus compétents. D’ailleurs, le besoin de s’exercer n’est pas réservé qu’au domaine de la grammaire. Par exemple, les sportifs ou les musiciens n’y échappent pas lorsqu’ils désirent améliorer leurs performances. Bon, certains emploient parfois des moyens peu honorables, mais c’est une autre histoire!

 

Des enseignants prisonniers du cahier

Encore aujourd’hui, le cahier d’exercices règne comme roi et maître dans plusieurs milieux. On doit le compléter sous peine d’éventuelles plaintes de parents. «On paye pour le cahier, alors il doit être tout rempli!» Beaucoup d’enseignants m’ont avoué en être prisonniers. Un jour, une enseignante m’a même dit: «J’aimerais bien utiliser d’autres exercices ou activités, mais la réalité est que je dois prendre le %&!@#$ de cahier!!!» À mon humble avis, ce ne devrait pas être le cahier qui mène ou plutôt, devrais-je préciser, l’argent dépensé pour son acquisition.

 

Une réflexion nécessaire

Par ailleurs, plusieurs équipes d’enseignants ont délaissé les cahiers des maisons d’édition pour créer leur propre version. En fait, que vous optiez pour l’un ou l’autre, je vous demande : «Est-ce que les exercices que vous proposez à vos élèves aident ou nuisent à la consolidation de leur raisonnement grammatical?» J’estime qu’une grande réflexion est nécessaire quant au choix des exercices. Dans l’incontournable Enseigner la grammaire nouvelle – La comprendre et l’enseigner, Marie Nadeau et Carole Fischer approfondissent le sujet. À mon avis, certaines questions doivent absolument être abordées avant de planifier votre enseignement de la grammaire et sélectionner vos exercices. En voici quelques-unes!

  • Les exercices que vous utilisez sont-ils vraiment efficaces?
  • Quels sont les types d’exercices que vous soumettez à vos élèves?
  • Dans quel ordre présentez-vous les différents types d’exercices pour chaque notion?
  • Quelle quantité d’exercices considérez-vous comme suffisante pour chacun de vos élèves?

 

Une formation revigorante

Depuis trois ans, je donne dans les écoles ma formation Revigorer votre enseignement de la grammaire. Au cours de cette rencontre, j’aborde l’impact des exercices sur la consolidation des connaissances et le transfert tant attendu dans les productions écrites. En plus de présenter mon grand ménage des manipulations syntaxiques nécessaires à la reconnaissance des classes de mots, je propose également des pistes concrètes pour rendre les élèves plus actifs dans l’apprentissage de la grammaire. «Un cahier d’exercices, en as-tu vraiment besoin?» Je serais ravi de vous aider à répondre à la question!

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique et fondateur de Riviera Éducation

2 mars 2021

La carte cachée des enseignants finlandais!

Je l’avoue, j’ai un faible pour la Finlande. Je rêve d’aller un jour découvrir ses grands espaces, ses forêts fabuleuses, ses spas naturels et évidemment son système éducatif. Plusieurs spécialistes font ressortir de grandes différences entre son système et le nôtre : une meilleure formation des enseignants, une plus grande importance accordée à l’éducation, une haute reconnaissance du métier d’enseignant parmi la population…

Cependant, une des particularités plutôt méconnues de son système est l’utilisation de la carte mentale. Plusieurs enseignants finlandais font usage de ce redoutable outil pédagogique avec leurs élèves dès le bas âge.


Qu’est-ce qu’une carte mentale?

Une carte mentale est un diagramme qui représente l’organisation des liens hiérarchiques entre différents concepts ou idées. Contrairement à un simple schéma ou à un croquis-note (sketchnoting), la carte mentale offre une représentation en arborescence. On peut créer une carte mentale à l’aide d’outils informatiques (logiciels, sites web, application) ou en utilisant simplement une feuille de papier et des crayons de couleur.


Pourquoi utiliser la carte mentale en classe?

Peu importe le niveau ou la discipline, le recours à la carte mentale peut réellement contribuer à consolider les apprentissages des élèves. Voici quelques-uns de ses avantages illustrés dans… une carte mentale!

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Une formation!

Je m’intéresse à cette stratégie d’enseignement et d'apprentissage depuis plusieurs années. J’ai donc créé une formation destinée qui vise à soutenir l’intégration de la carte mentale en enseignement. Pour en savoir davantage sur cette formation, c'est par ici.

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique et fondateur de Riviera Éducation

2 mars 2021

Crédit image : «Book» oeuvre du peintre Paweł Kuczyński